Le Roi rhabillé à crédit
Posté par pcfmaubeuge le 28 octobre 2008
e d i t o de Liberté Hebdo – Bruno Cadez
• Andersen, dans un de ses contes avait parlé d’un « roi nu », tellement suffisant qu’il se faisait avoir par des escrocs lui ayant vendu un habit superbe mais invisible. Le capitalisme est apparu dans toute sa nudité ces dernières semaines avec cette crise qui n’en finit pas de rebondir. Le Roi est nu. Qui ne le voit pas aujourd’hui pour ce qu’il est ? Profondément injuste, préférant, pour garnir les fortunes d’une minorité, gaspiller des sommes faramineuses plutôt que de nourrir tous les humains de la planète - pour rappel, il suffirait de 3 milliards de dollars par an pour éradiquer la malnutrition. Le Roi est nu, du coup il n’est pas rassuré. Il fallait entendre la semaine dernière à Paris supplier le représentant du patronat allemand, Jürgen Thumann, invité en urgence avec ses pairs européens par Laurence Parisot, du MEDEF, pour réfléchir aux issues possibles (on notera au passage que, de ce côté-là de la lutte des classes, l’organisation au niveau international et particulièrement européen est plutôt rodée et réactive) : «c’est crucial qu’on ne laisse pas des individus ayant un programme alternatif évoquer la fin du capitalisme, le dépassement de l’économie de marché ».
Le Roi est nu, mais Nicolas Sarkozy s’empresse de le rhabiller à crédit. Après le plan de 360 milliards annoncé la semaine dernière, 10,5 milliards seront mobilisés pour aider à la recapitalisation des banques qui pourront emprunter auprès de l’État. Lequel n’a toutefois pas l’intention de se mêler de la destination de ces fonds. Aucune contrepartie n’est réellement exigée pour aider au crédit des ménages et des entreprises. Dans le même temps, le budget 2009 ne bouge pas d’un iota une politique qui consiste à réduire considérablement la part consacrée aux services publics. La suppression de 30 000 postes de fonctionnaires demeure à l’ordre du jour. Autrement dit, l’argent public qui ne sera pas utilisé pour répondre aux besoins sociaux servira à donner les moyens aux banques de se « refaire » pour continuer à spéculer. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les médias maintiennent l’étouffoir sur ces « alternatives » qui effrayent tant Jürgen Thumann, notamment cette proposition de pôle financier public avancée par le Parti communiste et qui interpelle aujourd’hui bien au-delà de ce parti.








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