Le poing levé et la main tendue

Posté par pcfmaubeuge le 26 décembre 2013

Pierre Laurent – Le blog
24 déc 2013

Le poing levé et la main tendue

Avec les fêtes, que je souhaite à tous les plus joyeuses et les plus solidaires possibles, vient pour moi le temps de prendre quelques jours de congés et l’opportunité de bénéficier d’un peu de recul sur ce premier trimestre vécu une nouvelle fois à cent à l’heure. Le combat est rude, mais la dernière période a été riche. La marche du 1er décembre avec tout le Front de gauche rassemblé contre la hausse de la TVA et pour la justice fiscale, l’émouvant hommage rendu à Nelson Mandela le 9 décembre au siège du Parti place du colonel Fabien, le congrès du PGE à Madrid du 13 au 15 décembre, et pour finir cette belle victoire des cinq de Roanne contre l’arbitraire qui les poursuivait depuis 2010.

mandela

Victoire pour les 5 de Roanne

Je pense d’abord à eux, mes amis et camarades les cinq de Roanne. Ils vont passer les fêtes, heureux et en famille, libérés du terrible poids qui pesait injustement sur leurs épaules. Trois ans traités comme des criminels, eux des syndicalistes CGT qui n’avait qu’un but, défendre la retraite à 60 ans pour toutes et tous, et qui jamais n’avaient pensé être traînés devant un tribunal.
Enfin, ils viennent d’obtenir leur relaxe. Quelle belle victoire ! Tant de mois de combat, de résistance face à l’injustice. Quel courage il a fallu à ces militants syndicaux pour ne jamais rien lâcher. La lutte est dure, elle impacte tout, la vie professionnelle, mais aussi la vie personnelle. Sans le soutien de leurs camarades, sans la solidarité et la fraternité proportionnelle à la dureté de l’épreuve qu’ils ont traversée, ces cinq copains n’auraient sans doute jamais tenu le coup. En refusant de se soumettre à un prélèvement génétique pour être fichés au même titre que des délinquants ou des criminels, ils ont servi la cause de tous ceux qui refusent la criminalisation de l’action syndicale. Le verdict du tribunal est venu confirmé la justesse de leur combat. Celui qu’il nous faut à présent poursuivre pour qu’enfin le Parlement vote la loi d’amnistie pour les syndicalistes. Nous aussi, nous ne lâcherons pas.

Ces hommes là ne renoncent pas

La disparition de Nelson Mandela est déjà consacrée comme l’évènement de l’année 2013. L’hommage que nous lui avons rendu au siège du Parti communiste français a été un grand moment d’émotion. 2000 personnes s »étaient réunis place du Colonel Fabien pour saluer celui qui pendant des années avait été au cœur des campagnes de solidarité internationale du PCF et des jeunesses communistes. Que de souvenirs personnels qui remontaient pour moi à la surface en prononçant ce soir là mon discours! En présence des ambassadeurs d’Afrique du sud et de Palestine, nous avions décidé d’en faire un acte de solidarité d’actualité, pas une cérémonie le momifiant comme tant de belles paroles entendues ces jours là. Quelques jours plus tard, j’ai entendu lors de son enterrement les mots simples et puissants prononcés par son ami Ahmed Khatadra, son compagnon de bagne. Ahmed est aujourd’hui le président du comité de la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti. Ces hommes là ne renoncent pas. C’est la leçon que nous retiendrons de Nelson Mandela. Et les notes jouées ce soir là sur le parvis de notre siège par le saxophoniste Manu Dibango sur l’air d’Asimbonanga de Johnny Clegg, je ne les oublierai jamais…

Le Parti de la Gauche Européenne (PGE) à Madrid : un congrès de la fraternité…

Quelques jours plus tard, je m’envolais pour le congrès du PGE à Madrid. Les médias ont beaucoup évoqué ce congrès sur le ton de la polémique mais finalement rien dit de l’importance de ce qui s’y est passé. Imaginez, une trentaine de partis progressistes venus de toute l’Europe, qui se retrouve pendant 3 jours pour débattre de la crise en Europe, des solutions à y apporter, des futures élections au Parlement européen, et du renforcement du PGE. Ce congrès avait lieu dans un hôtel près de l’aéroport, un peu coupé du monde, dans un bâtiment à la déco un peu kitch, mais très pratique. Entre les discussions en plénière, les commissions, les rencontres bilatérales avec les autres organisations, puis les réunions de la direction du PGE, le rythme a été soutenu.

Que retenir de ce congrès ? D’abord, une ambiance. Celle de la fraternité qui unit désormais les partis du PGE, et d’abord ses premiers dirigeants: Alexis Tsipras, Maité Mola dont je vous ai déjà parlé dans ce blog, Marisa Matias, mon camarade espagnol Cayo Lara, Bernd Riexinger de Die Linke.. et tant d’autres. J’ai ressenti tout au long de ce congrès une envie commune de faire avancer le PGE et notre combat pour refonder l’Europe. En disant cela, je ne lance pas des paroles en l’air, je vous parle de ce que j’ai sincèrement ressenti tout au long de ce week-end. Ressort de ce congrès une réelle volonté de faire ensemble, d’agir en commun. Nous avons tous conscience que c’est unis que nous gagnerons, au delà de nos différences, de nos traditions politiques. Nous avons un objectif : refonder l’Europe face aux tenants du libéralisme et à la technocratie bruxelloise.

Nous sommes allés rendre hommage aux Brigades internationales dans un cimetière de la banlieue madrilène. Sous un ciel bleu et un soleil d’hiver, l’émotion était forte. C’est la gorge nouée que Cayo Lara a conclu son discours en citant la Passionaria, avant que nous entamions en choeur sous la protection bienveillante du drapeau de la République espagnole une Internationale dans toutes les langues….cette même Internationale en franco-portugnol-greco-allemand entonnée à l’unisson dimanche à la fin de notre congrès. Tout un symbole.

Une chose est sûre ce congrès n’a rien eu d’ordinaire. D’abord parce qu’il s’est déroulé dans le contexte de crise que nous connaissons tous. Nous le savions, vu les conséquences des politiques d’austérité et les développements de la crise ; et face à la montée de la colère populaire dans nos pays, il fallait prendre des initiatives ambitieuses. Nous l’avons fait, et le sommet européen sur la dette que nous tiendrons au printemps à Bruxelles avant les élections européennes entamera pour nous une année sous le signe de la mobilisation. Nous serons dés le 4 avril aux côtés de la manifestation européenne décidée par la CES.

Ensuite parce que l’affluence de représentants de forces des quatre coins du monde et de mouvements, de partis et de syndicats européens – dont le Vice-Président de Bolivie et la Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats – ont révélé l’aura nouvelle de notre jeune parti qui fêtera ses 10 ans d’existence en mai 2014.

Enfin parce que nous nous engageons dans une bataille inédite, dans une campagne européenne ambitieuse avec la candidature d’Alexis Tsipras à la Présidence de la Commission européenne. Un vrai challenge qui dit notre ambition pour cette bataille.

Je suis très content de cette décision. Non pas parce que je pense que nous allons ainsi aider à la démocratisation de l’UE. Tout le monde sait bien qu’il s’agit d’un artefact, d’une manœuvre du PSE et du PPE qui essayent de se refaire une virginité alors qu’ils font preuve d’un autoritarisme insupportable avec la Troïka pour appliquer l’austérité. Notre objectif est clair: leur disputer le monopole de la scène publique, donner aux peuples en lutte un porte parole efficace, capable de faire voler en éclat leurs arguments et de démontrer qu’une alternative de progrès existe. D’ailleurs, dès son élection, le premier ministre grec Samaras s’est empressé de lancer les premières attaques contre Alexis. Cela témoigne de l’enjeu que représente sa candidature, dans son pays mais aussi à l’échelle de l’Europe. Nous devrons être unis dans cette campagne. Je sais qu’Alexis incarnera avec talents nos valeurs et nos objectifs. En plus de la puissante valeur symbolique de sa candidature, il a toutes les qualités et la notoriété pour cette aventure. J’y prendrai bien sûr ma part. Nous allons travailler un calendrier commun de déplacements et des idées pour booster cette campagne. Nous sommes déjà au travail.

…Un congrès de l’unité

Ce congrès a été celui de l’unité. Nos orientations politiques et stratégiques sont le fruit d’un processus inédit de consultation, de débat, de formulation, d’aller-retours entre le PGE et les militants de ses partis membres qui a duré un an. Une éthique et un travail démocratique, qui prend du temps mais qui en vaut la peine, tant nous nous sommes enrichis les uns les autres. C’est un travail nécessaire dans un « parti de partis » dont les origines sont si diverses. Et le résultat est là : les orientations politiques ont été adoptées à 93 %, les axes programmatiques à 86 %, la candidature d’Alexis Tsipras à 84 % et j’ai été réélu président à 78 % avec comme vice-présidents Maite Mola, Marisa Matias, Margarita Mileva et AlexisTsipras, eux aussi plébiscités par les congressistes. Voilà une assise de poids pour relever les défis qui sont devant nous. Et je pense que nous ne serons pas seuls car le PGE devient de plus en plus attractif et la candidature d’Alexis Tsipras peut rassembler bien au delà de notre parti. Le Président du Vänsterpartiet, le Parti de la gauche suédoise, Jonas Sjöstedt, par exemple, lui a apporté un soutien clair dans son intervention au congrès.

Le PGE est donc à l’offensive. Comme je le disais dans un billet précédent, l’Europe va entendre parler de nous.

La campagne du Front de gauche pour les européennes doit etre belle et dynamique

Autant dire ma perplexité, au moment où nous lançons cette bataille d’ampleur et où le mouvement européen d’unification des forces de gauche se développe avec succès, d’apprendre par communiqué de presse la décision du Parti de gauche de suspendre sa participation au PGE jusqu’aux municipales. C’est une décision incompréhensible pour nos camarades européens. Que viennent faire les municipales françaises dans ce débat? Le PGE n’est pas un parti-centre, chargé d’orienter les choix des partis nationaux. C’est un espace de coopérations librement consenties. Par ailleurs, je ne crois sincèrement pas que l’autonomie du PCF à l’égard des choix néo-libéraux de la social-démocratie européenne ne fasse de doute pour quiconque au sein du PGE. L’histoire du PCF dans la création de la GUE avec Francis Wurtz et du PGE témoignent pour lui. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir comme président du PGE pour convaincre mes amis du PG de revenir sur cette décision.

Ce qui me préoccupe au premier chef à l’heure qu’il est, c’est que cette décision n’entrave pas la mise en route de la campagne européenne du Front de gauche en France. Elle est maintenant urgente et doit intervenir dès le début de l’année 2014, d’autant que la décision de candidature d’Alexis Tsipras nous rassemble tous et que les discussions de la coordination nationale et du conseil national du Front de gauche en décembre ont confirmé nos convergences sur le fond des objectifs.

Je sais que des inquiétudes s’expriment quant à l’avenir du Front de gauche. Je pense pour ma part que les belles batailles qui s’annoncent avec les municipales en lèveront une bonne part, car sur le terrain la voie du rassemblement l’emporte le plus souvent. Les élections européennes seront en tout cas décisives et le Front de gauche, j’en suis plus convaincu que jamais, peut y réaliser de très bons résultats. Il ne faut surtout pas passer à côté des élections européennes. Le Front de gauche est né de cette lutte. Il est le fruit d’un processus d’unification qui a débuté en 2005 avec notre campagne contre le Traité constitutionnel européen. Les citoyens français doivent pouvoir s’appuyer sur un Front de gauche uni, dynamique et qui gagne des députés pour le groupe de la GUE-NGL au Parlement européen.

Voilà à quoi nous allons donc consacrer tous nos efforts dès les premiers jours de janvier. Mettre en route une belle et dynamique campagne du Front de gauche pour mettre la gauche anti-austérité en tête de ces élections le 25 mai prochain.

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